Non à la mort programmée des acteurs du non-marchand

Eric Albertuccio est directeur de la coordination centrale de l’AID. Il explique pourquoi il est présent à Namur aujourd'hui:
«Nous manifestons ce 18 mars parce que ce projet est une attaque en règle contre le secteur non-marchand qui offre des services au public et contre les associations qui se préoccupent des personnes les plus précarisées. Il y a un détournement d’argent qui est opéré sur le dos des personnes les plus fragiles de notre société pour les réorienter vers le secteur marchand. La réorientation politique est évidente. Nos actions vont être soumises à un cadre beaucoup plus coercitif qui vont les orienter dans une seule vision d’adéquation au marché de l’emploi. Il n’y aura plus de réelle liberté pédagogique alors que nous travaillons avec un public de demandeurs d’emploi très faiblement qualifié qui a besoin de réponses spécifiques et individualisées.
Le ministre Jeholet crée la suspicion sur le fait que les moyens alloués au secteur de l’insertion socioprofessionnelle seraient mal affectés voire détournés. C’est pervers parce que cela nous place dans une situation où nous devons nous justifier alors que les dérives financières sont hyper marginales. De plus, le gouvernement, tout en rejetant la subvention de certaines dépenses incontournables veut déduire des subventions des recettes propres liées à nos actions. Le résultat, c’est une impossibilité de gestion… et la mort programmée du non-marchand.
Enfin, les textes qui sont sur la table doivent être travaillés, négociés et envisagés en fonction de leur réalisme par rapport aux réalités du terrain. Or, le cabinet Jeholet n’organise aucune concertation. En manifestant aujourd’hui, nous rappelons à l’ensemble du gouvernement que la concertation sociale est une pratique démocratique majeure en Belgique.»