12.000 manifestants contre une réforme qui "dérAPE"

12.000 personnes ont défilé dans les rues de Namur ce lundi matin pour contester la réforme des aides à la promotion de l’emploi (APE) et l’actualisation du guide des dépenses éligibles. Ces deux projets, parmi d’autres portés par le gouvernement wallon, risquent, s’ils devaient passer ce mercredi en séance plénière du parlement, d’impacter gravement des services à la population aussi essentiels que les crèches, les transports communs, les maisons de repos, le FOREM, les maisons de jeunes, les théâtres, les associations d’insertion sociale et professionnelle… et bien d’autres services encore. 
Le secteur associatif et non-marchand s’est donc mobilisé en masse pour dire "Non!". "Non!" à la marchandisation des services à la personne, "NON!" à l’asphyxie financière du tissu associatif, "NON!" à la diminution des moyens pour les services publics. Les nombreux calicots qui ont coloré le cortège sont révélateurs de l’incompréhension du secteur face à l’absurdité contreproductive des mesures envisagées par le gouvernement wallon : "Le non-marchand et les services publics construisent ce que le gouvernement détruit", "Cette réforme dérAPE", "Absence Pathétique d’Empathie"… Pourtant, comme l’a rappelé fermement Marc Becker, secrétaire national de la CSC en charge de la CSC wallonne, lors de son discours sur la Place Saint-Aubain, ces réformes "nous les demandons depuis des années. Mais pas comme cela! Depuis (…) que Pierre-Yves Jeholet a repris ce dossier, il s’obstine, au pas de charge, à vouloir faire aboutir une réforme pleine d’incertitudes, une réforme qui va nous amener à des pertes d’emploi, une réforme qui va déstructurer toute une série de services à la population. Monsieur Jeholet… Est-ce que vous vous rendez compte que vous êtes un ministre de l’emploi qui supprime des emplois!".
Le fait que les mesures prises par le ministre Jeholet soient prises sans réelles concertations avec le secteur font également partie des sources d’incompréhension et de colère des manifestants. Elles traduisent un mépris des acteurs du terrain et un déni injuste de l’efficacité du secteur et des actions qu’il met en place. Elles constituent surtout une grave menace pour sa pérennité, via des suppressions d’emplois et la diminution des subventions qui risque de mener à la faillite certaines associations.
Avec cette manifestation et l’appel de Marc Becker à "maintenir la pression" et à "continuer le combat", les manifestants feront peut-être mentir la mention d’un des  calicots: "Réforme APE: on perd à tous les coûts".