Pourquoi parler des robots au congrès de la CSC wallonne?

Les évolutions technologiques ont toujours fait l’objet de craintes plus ou moins fondées de la part des travailleurs. Aujourd’hui, certains prédisent qu’un tiers voire la moitié des emplois seraient fortement menacés par une nouvelle génération de robots et de technologies numériques. Certains consultants et bureaux d’études avancent des chiffres d’environ 47% d’emplois perdus aux Etats-Unis, 54% dans l’Union européenne, 35% en Belgique ou en Allemagne… 
Qu’en est-il vraiment? La CSC wallonne s’est interrogée sur la portée politique de ces discours alarmistes; en agitant le spectre d’une catastrophe prochaine, ne vise-t-on pas à faire accepter par les travailleurs, sous prétexte de la menace, des conditions d’emploi et de travail de plus en plus défavorables aux salariés? 
La robotisation entraîne aussi d’autres problématiques. «Le robot a commencé par remplacer l’homme dans des tâches lourdes. Puis il a gagné en précision et a été utilisé, par exemple, en chirurgie. Maintenant, ils deviennent intelligents et capables d’apprendre, donc de réaliser des tâches cognitives non routinières: écrire un compte-rendu sportif, prévoir des achats, gérer… Et ils sont capables aussi de réaliser des tâches manuelles, explique Christophe Degryse, directeur adjoint de l’Institut syndical européen (Etui). La question se pose donc: les entreprises intelligentes vont-elles rendre le travail idiot?» 
Se réapproprier le rapport avec la machine est donc un enjeu syndical majeur. Des questions fondamentales sont posées: Qui va dominer qui? Comment se situer par rapport au management numérique? Comment se situer face à une polarisation accrue du marché du travail entre très qualifiés et peu qualifiés? Le congrès wallon s'est engagé dans une réflexion à long terme afin d’adapter ses revendications pour le congrès fédéral de 2019.