Non à la privatisation de Belfius

Nationaliser une banque en temps de crise, puis la privatiser quand la croissance s’amorce, c’est trop facile! C’est pourtant ce que semblent vouloir faire le management de Belfius et le gouvernement fédéral.
La banque est détenue à 100% par l’État belge qui a déboursé 4 milliards pour la sauver, fin 2011, lors de la débâcle de Dexia. Ce sauvetage a été financé par les contribuables belges à hauteur de 363 euros par personne. 
Aujourd’hui, Belfius est rentable et en bonne santé. Son management souhaite donc la voir partiellement privatisée dans les deux ans à venir. Il table sur une mise en Bourse de 30% minimum. Mais la décision revient au gouvernement fédéral. Le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, semble tout acquis à l’idée qui lui permettrait de récupérer les milliards décaissés par l’État en 2011. Le gouvernement examine aussi la possibilité de vendre un bloc du capital à un ou plusieurs investisseurs. 
Les yeux fixés sur les bénéfices qu’il pourrait engranger, le gouvernement néglige totalement l’importance de disposer d’une institution bancaire publique en bonne santé et rentable. Nous ne sommes pas d’accord. Nous en avons assez de la détestable habitude des gouvernements belges de céder les bijoux de famille de notre pays, et nous nous opposons fermement à cette privatisation. Avec l’ensemble de la plateforme «Belfius est à nous», nous l’avons dit haut et fort voici quelques jours (1). Pour nous et pour toute la plateforme, l'impact de Belfius sur la société est trop important pour laisser le profit à court terme dicter la gestion de la banque. L’intérêt général doit avoir et conserver la priorité.
Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC
Marc Leemans, président de la CSC
(1) «Belfius est à nous» rassemble une trentaine d’organisations dont la CSC, le Moc, la FGTB, Tout autre chose, Financité, etc. La plateforme a mené une action à Bruxelles, le 26 avril dernier, devant le siège de Belfius.