Une offre commerciale qui n’a rien d’originale

Docks Bruxsel... ou la démonstration des promesses non tenues 

Afin d’obtenir tous les permis nécessaires auprès des autorités, le promoteur l’avait vendu comme un centre commercial qui proposerait "une offre de commerces effervescente et originale" avec "des commerces différents, aux concepts innovants où le consommateur est acteur avec des ateliers de créateurs, des commerces particuliers, des enseignes bruxelloises, et des indépendants". 
Pas dupe, la Plate-forme Interrégionale pour un Politique économique durable a, depuis le début, non seulement contesté la création de ce centre, dont le « besoin économique » est hautement contestable, mais aussi la façon cavalière avec laquelle il avait obtenu les différents permis nécessaires à sa construction, notamment l’octroi de son permis socio-économique en plein vide juridique. Des recours sont toujours pendants d’ailleurs contre les permis d’urbanisme et d’environnement. Ceux-ci soulignent outre les nombreux problèmes de mobilité en contradiction avec le Plan régional de mobilité, la violation de l’affectation du sol à cet endroit de zone d’industrie urbaine laquelle autorise de grands commerces spécialisés mais certainement pas un centre commercial. 
 
Aujourd’hui, les faits donnent corps à nos critiques  En effet, Docks Bruxsel est composé presque uniquement des chaînes d’enseignes, souvent internationales, qui ont déjà d'autres points de vente à Bruxelles et ailleurs dans le pays. L’offre proposée, qui ne sera donc pas complémentaire mais bien en concurrence directe avec l’offre commerciale existante, est donc contraire aux dispositions annoncées dans le permis socio-économique accordé par le Gouvernement de l’époque. 
Promesses non tenues en matière d'emplois. 
En effet, s'il promettait 1200 en 2009, ce chiffre doit être sérieusement relativisé dès lors qu’il apparaît que seuls 500 à 600 emplois nets seront créés sans compter la déstructuration des noyaux commerçants environnants suite au départ de ces commerces. Rappelons, qu’il a été démontré qu’offrir plus de m² de superficies commerciales ne créé pas nécessairement plus d’emplois à Bruxelles, dont le ratio emploi/m² est déjà très élevé. La Plate-forme Interrégionale pour un Politique économique durable réitère donc son affirmation selon laquelle le soutien des noyaux commerciaux bruxellois existants est la voie la plus concrète pour soutenir l’emploi en Région bruxelloise et non en créant des mastodontes commerciaux.

Promesse non tenue en matière de mobilité

Bien que le promoteur s’en défende, 65% des clients s’y rendront en voiture, malgré les futurs aménagements prévus, victime du manque de clientèles captables à proximité. Qu’on le veuille ou non, Docks Bruxsel reste un commerce de périphérie générateur d’un important trafic automobile. Alors que la situation en termes de mobilité dans la zone est déjà saturée, il est certain que la venue de Docks aggravera les problèmes, rendant l’accès au ring encore plus difficile et asphyxiant les quartiers environnants.
Pour la Plate-forme Interrégionale pour un Politique économique durable, le développement de centres commerciaux est en contradiction totale avec la volonté de la politique régionale bruxelloise de dynamiser les noyaux commerciaux bruxellois existants, et en particulier ceux des bas et haut de la ville. Cette position schizophrène détruira inévitablement la diversité et la mixité qu’offre le commerce indépendant tout en générant des problèmes de mobilité supplémentaires. Il ne reste plus qu’à espérer que nos politiques se réveillent pour mettre un coup d’arrêt aux grands frères de Docks : NEO ou Uplace.